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CODE DE DEONTOLOGIE MEDICALE (version acrobat)

 


PREAMBULE

Chapitre I. L ’objet du code de déontologie.Art.1

Chapitre II. Le champ d ’application du code de déontologie.Art.2

Chapitre III. Les devoirs généraux des médecins.

Chapitre IV. Les relations avec le patient.

Chapitre V. L ’expérimentation humaine.Art.69-72

Chapitre VI. Les rapports professionnels entre médecins.Art.73-76

Chapitre VII. Le remplacement.Art.77-81

Chapitre VIII. La médecine de contrôle.Art.82-88

Chapitre IX. La médecine d ’expertise.Art.89-96

Chapitre X. La collaboration professionnelle des médecins.Art.97-100

Chapitre XI. L ’exercice dans le cadre d ’une institution ou d ’une collectivité.Art.101-104

Chapitre XII. Dispositions diverses.Art.105-108



PREAMBULE

La déontologie est,étymologiquement,la science des devoirs.

Celle-ci,pour autant que l ’art de guérir soit concerné,relève d ’une tradition dont les origines se perdent dans la nuit des temps.«Car là où se trouvaient des hommes,il y avait nécessairement des guérisseurs ».

Certains devoirs considérés comme primordiaux ont en effet été l ’objet de commandements impératifs bien avant notre ère.Ainsi,le serment d ’Hippocrate a retenu dès le V ième siècle avant Jésus Christ plusieurs règles fondamentales qui n ’ont rien perdu de leur vigueur ni de leur actualité.La prière de Maïmonide est venue s ’inscrire quinze siècles plus tard dans la même logique.

Certes,quelques usages et quelques principes ont connu,suite à l ’évolution des mœurs et aux progrès de la médecine,des adaptations périodiques (génie génétique,médecine reproductive,par ex.)

La jurisprudence,tant de droit commun que de droit disciplinaire,est venue affiner des règles qui donnaient lieu à des interprétations divergentes (l ’information du patient,par ex.)

Le législateur,surtout à une époque récente,puisant dans la tradition déontologique,a donné valeur de norme à certains devoirs et à certains principes essentiels.

La révision du 19 novembre 2004 de l ’art.11 de la Constitution a donné au code de déontologie médicale un caractère de contrainte renforcée:«...En matière d ’exercice de la profession libérale la loi peut accorder à des organes professionnels dotés de la personnalité civile le pouvoir de prendre des règlements.La loi peut soumettre ces règlements à des procédures d ’approbation,d ’annulation ou de suspension,sans préjudice des attributions des tribunaux judiciaires ou administratifs.».

Compte tenu de tous ces éléments,il est possible de définir la déontologie médicale comme la résultante d ’usages, de coutumes et de principes essentiels qui,parce qu ’ayant bénéficié d ’une acceptation universelle des praticiens concernés,régit depuis très longtemps l ’exercice de l ’art de guérir et reste présentement valable.

Le législateur,quand il est appelé à considérer l ’art de guérir,ne cesse d ’ailleurs de rappeler,à l’intention des responsables du Collège dirigeant,la nécessité de respecter la tradition éthique …..«de maintenir et de défendre les principes essentiels »qu ’il restreint,pour plus de facilité,aux concepts suivants:«probité,dignité,délicatesse et compétence ».

Les principes essentiels,que le législateur évoque à l ’article 2 de la loi du 08 juin 1999 et sur lesquels repose de temps immémorial la déontologie médicale,peuvent être ainsi regroupés,suivant les principes directeurs que reprennent et font leur la plupart des codes de déontologie des pays civilisés:Exercice de la médecine à titre libéral, dignité,conscience,indépendance,probité,humanité,honneur,loyauté,délicatesse,modestie,courtoisie,
désintéressement,confraternité et tact.

Le présent recueil ayant valeur de Code de déontologie mentionne,outre les règles qui ne correspondent qu ’à un règlement intérieur de la profession,celles qui intéressent l ’ordre public (par exemple les règles relatives au respect de la vie).

Ainsi,nous distinguons :
–les règles de déontologie (qui désignent les principes essentiels)
–les canons complémentaires (qui identifient les comportements les plus courants pour chaque règle établie).

Cette distinction permet de disposer d ’une organisation simple,révisable s ’il en était besoin,tout en tenant compte du fait que d ’éventuelles modifications puissent avoir priorité sur les canons complémentaires,qu ’elles puissent s ’ajouter aux règles générales et contribuer à en fournir une meilleure compréhension,sans pour autant les remettre en question.

La violation du code de déontologie constitue un manquement à la discipline et est sanctionné par le législateur.
Certaines peines sont particulièrement sévères.

La règle déontologique n ’est pas assujettie,comme la règle du droit pénal,au principe de la légalité.Tandis que l ’incrimination pénale est subordonnée à l ’existence d ’un texte précis,le juge disciplinaire n ’est pas limité dans son appréciation par la formulation des textes.Il dispose par ailleurs d ’un pouvoir d ’appréciation générale de la conduite d ’un médecin.

La seule limite fixée par la jurisprudence à cette appréciation très extensive est le strict respect des droits de la défense et du caractère contradictoire des griefs concernés.

En application des «principes essentiels »de la profession médicale,il appartient au Collège médical de dire la déontologie.

La règle déontologique n ’est pas une règle de substitution,d ’exception –elle est une règle indépendante qui s ’ajoute au droit commun.

En conclusion,l ’ensemble des articles du code des devoirs et des droits des médecins peut se résumer en une formule:«Un patient libre face à un médecin libre ».L ’indépendance du malade est totale vis-à-vis du médecin et l ’indépendance du médecin totale vis-à-vis du malade.

Pour le Collège médical,
Le Secrétaire,Dr Jean Kraus
Le Président, Dr Paul Rollmann


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